Complaisance ou intransigeance?

Avant de commencer l’article, je précise quand même une chose : j’ai vraiment envie de m’investir dans le militantisme, autrement qu’en partageant de temps en temps des liens sur Facebook. Mais vraiment. Aller à des manifs, distribuer des tracts, ce genre d’actions où tu as vraiment le sentiment de t’investir vraiment pour la cause que tu défends. Pas par te filer un shoot d’ego en mode « hey ! Regardez ce que je fais pour les animaux/les femmes/les homos ! », mais bien parce qu’il y a un moment où rester sur Internet ne suffit pas pour venir en aide aux animaux (par exemple).

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Mais militer est-ce vraiment à la portée de tout le monde ? Je ne crois pas. En tout cas, dans l’état actuel des choses, en ce qui me concerne ce n’est même pas une option valable. J’y pense tout le temps, mais je suis dans l’incapacité émotionnelle/mentale/psychologique de m’investir dans une action dès que celle-ci nécessite une interaction sociale. Parler avec des gens, côtoyer des inconnus, gérer le stress, tout ça représente une difficulté qui me paraît bien souvent insurmontable. Donc, j’essaie de faire avec mes pauvres moyens, à mon niveau, et je sais que c’est vraiment totalement insuffisant, et je le regrette énormément.

Bref, tout ça pour dire qu’il faut prendre cet article avec des énormes pincettes car ce que je dis concerne vraiment le quotidien, et non pas un cadre militant défini (manif, etc).

J’ai remarqué un truc qui me gêne ces temps-ci, qui est assez repérable dans mon attitude mais qui se repère pas mal chez les autres, c’est la complaisance face aux personnes qui véhiculent des oppressions. L’exemple le plus simple, à mon sens, est bien sûr le spécisme, car je crois peu m’avancer en disant que c’est l’oppression systémique la plus en vigueur dans notre société actuelle : il suffit de se référer aux pourcentages de véganes dans la population française (allez, 1 %? 2 % à tout casser?). Cela a pour résultat un nombre énorme de victimes chez les animaux non-humains (ouip parce qu’en fait, désolée de casser votre trip descartien d’humain supérieur aux autres et tout et tout, mais les humains sont des animaux comme les autres, donc la précision n’est pas superflue). Animaux terrestres et marins confondus, on compte au bas mot 100 à 1000 milliards de victimes chaque année. Oui. Vous avez bien lu. Ce chiffre qui dépasse l’entendement, j’ai dû apprendre à le supporter, tous les jours.

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Parce que vous savez quoi ? Le plus dur, quand on devient végane, ce n’est pas bouffer du tofu, des lentilles, sucer des cailloux* [*contains irony inside] ou répéter pour la centième fois à Mamie que non, vous ne prendrez pas une part de son gâteau car il y a de l’œuf dedans. Le plus dur ce n’est pas de préparer sa gamelle du midi parce que le restau U fout de la barbaque ou du beurre ou de l’oeuf partout. Non, le plus dur, c’est de compter les victimes, qui continuent de s’accumuler, tous les jours, toujours plus nombreuses, sur l’autel de nos comportements spécistes. Le plus dur, c’est d’avoir ouvert les yeux, et de se rendre compte que les autres eux, ont gardé leurs œillères. Ce qu’il y a d’encore plus dur, c’est de parler de ces victimes, parler des moyens de les épargner, diffuser des infos, propager des recettes à tout-va, encourager chaque transition, et de voir qu’à peu près tout le monde s’en fiche éperdument. Tout le monde s’en fiche d’où vient son steak, et le pire, c’est que quand ils le savent, et bien… Ils continuent de s’en foutre.

Mille milliards de victimes chaque année, et une indifférence générale. C’est ce qui est le plus douloureux. Voir des gens que tu aimes, que tu respectes, qui ont énormément d’importance pour toi, te dire droit dans les yeux que c’est bien triste mais que c’est comme ça, la viande c’est trop bon. Chacun ses choix. Chacun son choix de participer au vaste massacre.

On m’a parfois reproché d’être agressive, ce qui me fait doucement rire. Franchement, faites un tour sur ma page Facebook et soyez objectifs. Je suis tellement agressive quand je poste des recettes de brownies véganes. Je suis tellement agressive quand j’encourage les gens à faire un don à des refuges d’animaux rescapés de l’abattoir. Je suis tellement agressive quand je dis que c’est quand même plus sympa de manger des lasagnes aux légumes que des lasagnes à la viande de vache laitière de réforme qui a vécu une vie misérable. Je suis tellement agressive, quand c’est les animaux qui trinquent de votre absence de compassion.

Au contraire, j’ai l’impression d’être vraiment beaucoup trop tolérante, et ça m’use, petit à petit. Ça m’use de voir défiler ces commentaires de gens qui vont au mac-crado, de gens qui parlent de fromages, qui veulent aller au zoo. Je passe la plupart du temps à me retenir de commenter, car je sais que ça partira en cacahuètes car personne ne veut entendre la vérité. Ce n’est pas votre vie qui me dérange. Ce qui me dérange, c’est ces mille milliards d’animaux séquestrés, torturés, mutilés, écorchés, assassinés, au nom de quoi ? Du bacon ? Du divertissement ? De sushis parce que le thon c’est trop bon ? Au nom de quoi la cruauté mérite-t-elle une justification ? Parce qu’ils sont moins intelligents ? Parce qu’ils ne savent pas écrire de dissertations ? Parce qu’il n’auraient soit-disant par de conscience ? En quoi ces critères justifient quelque torture que ce soit ?

Je suis fatiguée de voir la violence et la cruauté, partout, tout le temps. Je sors, je vois une meuf avec son manteau de fourrure. Cadavre écorché vivant. Nausée. Je fais mes courses, je vois les étalages de morceaux de cadavre sous vide. Nausée. Je vais manger chez des amis, je sors une bouteille d’eau du frigo, j’aperçois des saucisses de cadavre juste à côté de la bouteille. Nausée. Je parle avec des amis, ils me disent que ça fait longtemps qu’ils ne sont pas allés voir des animaux au zoo, tu traduis dans ta tête « voir des prisonniers à l’espérance de vie réduite pour le plaisir des humains ». Nausée. Tu vas te laver les mains dans la salle de bains, tu vois un tas de cosmétiques testés sur les animaux. Nausée. Le soir tu rentres chez toi, sur le chemin tu vois une affiche pour le cirque avec des animaux-esclaves, prisonniers et torturés pour être conditionnés à faire des tours idiots pour le plaisir humain. Nausée.

Quand ce cauchemar s’arrêtera-t-il ? Quand arrêterons-nous de faire payer aux animaux notre mode de vie basé sur la consommation, la surconsommation, acheter, toujours acheter ? Quand arrêterons-nous de considérer l’animal comme une marchandise qu’il est bon d’user à notre guise ?

Je voudrais arrêter ma complaisance envers les gens, arrêter de me contenter d’avoir un sourire crispé quand on me dit que chacun ses choix, c’est comme ça (paye ton argument, en passant). Je voudrais être plus intransigeante, pas pour « convertir » le plus de gens, être végane ce n’est pas une religion. -cela s’applique aussi pour le féminisme. Je voudrais l’être au nom des animaux, qui n’ont pas de voix pour se faire entendre. Je voudrais dire « merde » aux inhibitions qu’on inculque aux filles dès leur plus jeune âge – ne proteste pas, ne dis pas non, tiens-toi droite, sois belle, ne casse pas l’ambiance sinon t’as pas d’humour, t’es hystérique, t’es frustrée, ‘spèce de féminazi, ferme-la donc.

Je voudrais m’efforcer de ne pas avoir peur de casser l’ambiance, car si celle-ci consiste à se foutre éperdument des opprimés, alors non, je préfère m’en passer. Cela va être long, cela va me demander du courage, mais je ne veux pas me taire pour ne pas bousculer les préjugés des gens. Je vais continuer à m’informer moi-même, continuer à déconstruire les bastions de clichés que je continue encore à propager malgré-moi, et ouvrir ma gueule.

J’ai, malgré moi, axé cet article sur le spécisme et le véganisme, mais c’est valable pour le patriarcat et le féminisme. Il y aurait encore un tas de choses spécifiques à dire sur ces sujets, sur la difficulté que cela représente de ne pas être complaisant-e face aux remarques sexistes, racistes, spécistes, transphobes… Peur de se prendre un shitstorm dans la face quand on est la/le seul-e à être un chouilla informé-e à ces questions face à un auditoire nombreux, peur d’être rejeté-e, peur de ne pas être « cool ». J’assume que j’ai souvent fermé ma gueule par flemme de faire naître le débat. Eduquer, être pédagogue, mais aussi savoir répondre aux attaques parfois extrêmement agressives et insultantes, ça use, c’est fatigant, c’est difficile de l’être au quotidien, sans interruption. Mais il n’y a pas vraiment le choix, n’est-ce pas ? C’est à ce prix que les choses changent. La société ne se change pas toute seule (contrairement à ce que les rageux veulent bien croire, toute avancée sociale est le fruit d’une lutte – le droit de vote n’est pas tombé tout seul comme une pomme attirée par la gravité dans les mains des femmes hein.).

Je vais m’arrêter là car je tourne un peu en rond, j’ai encore besoin de temps pour étayer ma réflexion sur ces questions. Je reposterai peut-être quelque chose de plus abouti plus tard, ou bien mettrai à jour cet article.

Pensez un peu moins à vous-mêmes et un peu plus aux autres, merci pour elleux.

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Trucs et astuces sur la cuisine végane

Cela fait un an depuis août que je suis passée au végétarisme, et presque un an que je suis végétalienne à forte tendance végane. Je n’ai pas fait d’articles-anniversaire (bonjour la flemme…), mais je vais me rattraper aujourd’hui, en partageant un certain nombre de recettes que j’ai découvertes depuis ma transition, et donner des petites astuces culinaires que j’ai glanées ici et là pour cuisiner végétal.

Toutes les recettes présentées viennent de blogs culinaires qui sont, pour certains, devenus de véritables Bibles et de grandes sources d’inspiration !
Première question à se poser quand on devient végétalien : mais on mange quoi quand on est végétalien ? De l’herbe et des cailloux bien sûr !

Rassurez-vous, manger végétalien ne signifie pas se priver de bons petits plats et passer sa vie à manger de la salade et des haricots verts. Il ne s’agit pas d’un régime de privation, et avec quelques astuces et un peu de bon sens, on peut tout à fait manger correctement sans aucune frustration. Il faut savoir qu’au moins 80 % des recettes sont végétalisables, et au-delà de ça, la cuisine végétalienne regorge de recettes qui lui sont propres et qui sont savoureuses. Essayez de taper « recettes végétaliennes » ou « recettes vegan » sur Google et vous serez surpris du nombre de résultats !

Je ne vais pas non plus essayer de vous mentir : si vous voulez manger des plats un peu élaborés, il va falloir mettre la main à la pâte. Mais rien ne vous y oblige, si, comme moi, vous aimez ne pas trop vous prendre la tête…

Grosso modo, le régime végétalien comporte des légumes et des fruits, des céréales (blé, riz, épeautre, millet…), des légumineuses (soja, haricots rouges, lentilles, fèves, pois chiches…), des graines et oléagineux (noix, amandes, noisettes, graines de lin, graines de sésame…), et des matières grasses (huiles : d’olive, de tournesol…).

Il suffit de manger un peu de tout cela en faisant une part belle aux légumes, et de vous complémenter en B12, pour manger de façon équilibrée et répondre à vos besoins. Pour plus d’infos, je vous invite à télécharger le guide du végétarien débutant sur le site de L’association Végétarienne de France.

En ce qui concerne la cuisine, quelques astuces simples permettent de cuisiner facilement sans œufs ni produits laitiers. En voici quelques-unes que j’utilise très fréquemment :

1) La fécule de maïs tu vénéreras

La fécule de maïs est un ingrédient très utile, que ce soit pour faire des gâteaux moelleux, de la béchamel inratable ou bien des sauces épaisses. Je l’utilise surtout pour faire de belles sauces. Vous en trouvez partout (en supermarché, c’est la Maïzena, mais essayez d’en prendre de la bio, ça ne coûte pas cher de toute façon).

Pour la béchamel sans beurre ni lait : il suffit de faire chauffer dans une casserole la fécule de maïs (ou éventuellement un mélange de fécule et de farine) avec de l’huile (d’olive, de tournesol…), puis de rajouter petit à petit le lait végétal (soja, riz, avoine…) en ne cessant de mélanger pour éliminer les grumeaux.

Pour épaissir des sauces : diluer dans un liquide froid (eau, lait…) une à deux cuillers à soupe de fécule de maïs, puis rajouter dans la préparation sur le feu, et bien mélanger. La préparation épaissira très vite.

La fécule de maïs peut également remplacer les œufs, notamment pour faire la panure. Il suffit de la diluer avec de l’eau ou du lait végétal, et de tremper l’aliment dedans, avant de le rouler dans la chapelure.

2) des gâteaux sans œufs tu chériras

Il est tout à fait possible de faire des gâteaux sans œufs, et une fois le tour de main acquis, on se demandera pourquoi s’être entêté à utiliser des œufs jusqu’ici…
L’astuce la plus simple consiste à utiliser de la compote, ou de la banane écrasée (bien mûre), de la crème de soja, ou du tofu soyeux.

Le tofu soyeux ? Qu’est-ce que ce nom tout doux ? Il s’agit d’une variété de tofu tout mou, à la texture du flan, qui s’utilise beaucoup en cuisine végétale pour remplacer les œufs dans les tartes ou les gâteaux. Il permet de faire des gâteaux à la texture irréprochable. On en trouve en magasin bio, mais aussi en supermarché (mais cher), ou tout simplement en épicerie asiatique ou son prix défie toute concurrence (je paie le mien 0,90€ pour 380g…) – en épicerie asiatique, il est souvent présenté sous le nom de « tofu flan ». Le tofu japonais fera aussi l’affaire – l’important est que la texture soit très molle. Il s’oppose au tofu classique, plus ferme, qui fera une merveille en tofu brouillé (oui oui, comme les œufs brouillés… mais en tofu).

En fait, lorsque vous faites votre pâte à gâteau, si malgré tout votre pâte reste trop sèche, il suffit bien souvent de l’humidifier avec du lait de soja, ou de l’huile, pour lier la pâte, et hop !
Par exemple, ma recette de gâteau-type, que j’adapte selon les besoins et les envies, est la suivante :

– 250g de farine (ou 200g de farine + 50g de fécule de maïs)
– 100g de sucre (de canne de préférence)
– 100ml d’huile (au goût neutre, tournesol par exemple)
– au choix : 100g de compote, 100g de tofu soyeux, 200ml de crème de coco, une banane écrasée
– si besoin : 100 à 250ml de lait de soja
– 1 sachet de levure chimique ou de poudre à lever

Mélanger d’un côté les ingrédients secs, de l’autre les ingrédients liquides. Tout réunir dans un saladier et bien fouetter jusqu’à avoir un résultat homogène (utiliser un batteur électrique si besoin).

Cette recette est bien sûr adaptable, laissez libre cours à vos envies, en rajoutant du chocolat, des morceaux de fruits, de la poudre d’amande…

Voici une petite liste de liens de recettes de gâteaux, vers des blogs très chouettes que j’aime d’amour :

Gâteau marbré sur le blog de Lili’s Kitchen (une référence absolue!)
No-cheesecake coco-chocolat sur le blog des Petits Plats de Rose
banana bread sur le site de Jujube
muffin banane-chocolat sur le blog de La Valkyrie Végétarienne (une autre de mes références absolues!)
gâteau praliné, toujours sur le même blog que j’adore beaucoup passionnément
tarte aux pommes, encore sur le même blog (alias la recette la plus simple au monde)
Cookies, sur le blog Dans la Cuisine de Djanisse
Bûche chocolat châtaigne pour Noël qui approche, sur le blog de Ma Cuisine Végétalienne

(bon okay, y’a beaucoup de chocolats parmi tous ces liens, vous aurez sûrement compris que le chocolat est mon péché mignon…) N’hésitez pas à vous balader sur lesdits blogs pour trouver votre bonheur !

3) Un wok tu achèteras

Si mon wok était humain, je me marierai probablement avec, et ce, même si je ne compte pas me marier. Je l’utilise pour absolument tout, même pour ce qu’il ne devrait pas, c’est devenu ma poêle-casserole-wok-fait tout. C’est juste super utile ! En l’occurrence, pour faire des légumes sautés, ou des nouilles sautées, c’est juste magnifique, surtout quand on n’a pas envie de passer trop de temps en cuisine.

Il suffit de couper les légumes de son choix en julienne ou en petits morceaux, de les faire revenir quelques minutes dans un peu d’huile avec et de la sauce et hop ! Vous avez un super plat super bon prêt en 15 minutes à tout péter. Il suffit de rajouter du riz ou des nouilles dans le wok (cuites évidemment) et faire sauter le tout deux minutes et vous avez un plat nourrissant. Rajoutez des légumineuses (haricots rouges par exemple), ou bien des dés de tofu et vous voilà avec un repas complet. Franchement, courez acheter un wok, j’ai dû payer le mien 15 ou 20€, et je peux vous garantir que c’est un achat amplement mérité…

J’ai trouvé récemment la sauce ultime pour wok, c’est un peu devenu ma drogue, alors faites attention !
Il faut mélanger dans un bol :

2 cuillers à soupe de Tamari (c’est une variété de sauce soja, trouvable en magasin bio ou en épicerie asiatique) ou bien de sauce soja
1 cuiller à soupe de sirop d’agave (c’est du sucre liquide en moins calorique, vous pouvez mettre du sucre ‘normal’ si vous n’en avez pas, ou bien du sirop d’érable)
2 cuillers à soupe de mirin (c’est du vinaigre de riz japonais, vous en trouvez encore une fois en épicerie asiatique. Du vinaigre de riz peut faire l’affaire sinon).
1 cuiller à soupe de fécule de maïs (encore elle ! )
– facultatif, mais pour une décadence totale : une cuiller à soupe de purée d’amande ou de cacahuète, (attention, cela se mélangera moins bien avec du beurre de cacahuète), ou de tahini (purée de sésame). Vous trouvez le tout en magasin bio, au rayon « monde » de votre supermarché, ou en épicerie orientale (sauf pour la purée d’amandes qui ne se trouve qu’en magasin bio)
– de l’eau (de quoi remplir le bol de moitié/aux trois quarts)

Rajoutez cette sauce miam dans le wok avec les légumes et les nouilles/riz/whatever, mélanger jusqu’à ce que ça épaississe un peu, et servir immédiatement. C’est devenu un peu ma comfort-food du moment (le terme est à la mode non?), c’est tellement simple, bon, et rapide à la fois…

4) A végétaliser des recettes tu t’amuseras

Vous pensiez que devenir végétalien, c’était dire adieu aux lasagnes, gratins, pâtes bolo et autres hachis parmentiers ? Erreur ! Tous ces plats existent en version végétale ! Il suffit juste d’avoir un peu d’imagination et d’inventivité, et le tour est joué !

Pour remplacer le hachis de viande, plusieurs solutions existent. Vous pouvez acheter du hachis végétal tout prêt (le hachis Sojasun en supermarché par exemple), mais selon moi ce n’est vraiment pas la peine de dépenser des sous là-dedans. Il suffit simplement de mixer une boîte de lentilles ou de haricots rouges pour avoir exactement la même texture que le hachis ! Il suffit ensuite de l’intégrer telle quelle dans la préparation.

Vous pouvez également acheter des protéines de soja texturées, qui se vendent en magasin bio ou sur internet. Quelles que soient leur taille, leur utilisation est toujours la même : il faut les réhydrater 3 à 10 minutes selon la taille, dans de l’eau bouillante dans laquelle vous aurez mis un cube de bouillon de légumes, ou du miso, avec de la sauce soja. Une fois réhydratées, vous pouvez les faire revenir à la poêle ou bien les incorporer dans la recette. Les PST ne sont pas faites pour être mangées telles quelles : elles doivent être associées à un goût (sauce tomate, ma sauce magique de wok…), leur but est d’apporter une texture.

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Les produits laitiers se remplacent avec une facilité déconcertante : tout existe en version végétale, en grande surface et en magasin bio : laits végétaux (soja, riz, avoine, épeautre, noisette, amande…), crème (pour remplacer la crème fraîche) (de soja, de riz, de coco… -la crème de soja Auchan a une texture intéressante de ce point de vue, mi-liquide mi-solide), yaourts, beurre (la margarine- attention, quasiment TOUTES les margarines vendues dans le commerce ne sont pas végétales. En supermarché, la seule qui le soit est la Saint-Hubert Bio). Tous ces produits peuvent, bien sûr, s’intégrer dans les recettes. Ils ont la même propriété que leur homologues non-végans.

Même la viande se remplace facilement avec les simili-carnés, que l’on peut acheter (steaks de soja, escalopes de lupin…) ou faire soi-même. Au vu de la richesse de la cuisine végétale, il n’est pas intéressant de se ruiner en simili-carnés (car ces produits coûtent cher), on peut très bien manger sans, mais c’est bien de savoir que ça existe – ça peut rassurer au début, ou dépanner les jours de flemme.
On peut aussi tout faire soi-même : pour faire des steaks de légumineuses, il suffit par exemple de mixer une légumineuse, disons haricots rouges, et de la mélanger avec des condiments (oignons, ail…), des épices (cumin, paprika…), de la chapelure, un peu de farine, et en faire des boules à la main, que l’on roule dans la farine avant de les faire cuire à la poêle, 5 minutes de chaque côté. (si la préparation est trop sèche, il suffit de la « mouiller » avec de la sauce soja, ou même du ketchup).

Voici une petite liste de recettes « traditionnelles » revues à la sauce végane :

Gratin de pâtes sur le blog Interprétations Culinaires
Hachis Parmentier sur le blog de la Valkyrie Végétarienne (puisque je vous dis que son blog est génial!)
Steaks de lentilles sur Vegan Wiz
Crêpes sur Lili’s Kitchen (mon autre blog chouchou)
Lasagnes sur le site de Pigut, autre référence incontournable de la cuisine végétalienne
Tartiflette (sans l’odeur qui pue!) sur le site Véganisation
Gratin Dauphinois sur le site de VG-Zone, autre site incontournable
Gratin Dauphinois archi-simple sur le site de la Cuisine de Djanisse
Pâtes Bolognaise sur les Petits Plats de Rose
Pâtes à la Carbonara sur Ma Cusine Végétalienne
Quiche Lorraine sur le site d’Antigone XXI (qui donne pleins de recettes mais aussi pleins d’astuces pour remplacer ses produits d’hygiène et d’entretien par des produits faits-maison et écolos)
Tofu brouillé sur Lili’s Kitchen, des œufs brouillés… sans œufs !
Omelette sur le blog de Caska Mamanonyme – qui a dit qu’on ne faisait pas d’omelettes sans casser des œufs ?

Enfin, savez-vous que vous pouvez aisément remplacer le parmesan sur vos pâtes ? Il suffit pour cela d’un mélange composé en majorité de poudre d’amandes, auquel vous rajoutez de la levure maltée (aussi appelée levure de bière) et un peu de sel. Le goût n’est pas le même,mais il rend vite accro ! Pour les inconsolables du parmesan, vous pouvez acheter ce fromage végétal rapé sur Internet, au vrai goût de parmesan (et oui, tout est possible!), ou bien cette mozarella qui fond comme celle au lait de bufflonne !

5) De nouvelles saveurs tu découvriras

Végétaliser des recettes, c’est rigolo, mais la cuisine végane ne se contente pas d’adapter des recettes, elle en crée aussi ! En voici une petite sélection que j’affectionne particulièrement et qui se prêtent bien à l’automne :

Dâal de lentilles sur le blog d’Une Jeune Idiote – Un plat originaire d’Inde, simple et savoureux !
Curry de légumes au lait de coco sur Veganwiz. Alors le curry au lait de coco, (ou curry thaï), c’est une très grande histoire d’amour. J’en fais archi-souvent ! Pour une version simplifiée, il suffit de faire mijoter des légumes dans du lait de coco, de la crème de soja, avec beaaaaaaaaucoup de cumin et du curcuma, du sel et du poivre. (quand je dis beaucoup, c’est beaucoup, il faut que ça soit bien jaune!) Vous pouvez aussi mettre à la place des épices de la pâte de curry thaï (à trouver dans les épiceries asiatiques), mais attention à la dose, ça arrache sa maman !
Seitan sur Jardin Vegan. Ce n’est pas un plat à proprement parler : le seitan est en fait du gluten de blé, qui, une fois cuisiné, à la forme et la texture de la viande. Il s’utilise beaucoup dans la cuisine chinoise (vous en trouverez du tout préparé en épicerie asiatique sous le nom « gluten frit »). Vous pouvez en faire à partir de farine de blé, mais c’est très long. Le plus simple est de le préparer à partir de farine de gluten (trouvable en magasin bio ou sur internet).

Il existe également du seitan déjà tout préparé en magasin bio.

Il existe également du seitan déjà tout préparé en magasin bio.

Velouté de champignons sur Lili’s Kitchen. Je n’avais jamais goûté de soupe aux champignons avant très récemment, et quel délice ! Foncez sur cette recette toute simple et savoureuse !
Gaufres de pommes de terre sur le blog de Vegan Valkyrie (oui vous avez bien lu : gaufres de pommes de terre. Puisque je vous dis qu’on ose tout en cuisine végane!)
Salade lentilles, quinoa, crudités, sur Lili’s Kitchen
Risotto aux courges sur Lili’s Kitchen toujours
Boulettes de lentilles sur le blog de la Valkyrie Végétarienne (avec tout ça j’espère que vous irez y faire un tour!)

Enfin, faites un tour sur http://www.cuisinepop.com et sur http://www.veganwiz.fr/ , véritables annuaires de recettes véganes (et végétariennes).

J’espère que cet article vous aura aidé à y voir un peu plus clair, et vous montrer que la cuisine végane n’est pas aussi tordue et inaccessible que ce qu’on pourrait croire. Il y a des recettes pour tous les niveaux et tous les goûts, et finalement, la seule limite est votre imagination (et votre motivation)… Avec ça, plus d’excuses du genre « j’aimerais bien être végane mais j’aime pas le tofu ! »

Avec Noël qui approche, n’oubliez pas que des alternatives au fois gras existent, notamment avec le faux-gras de Gaïa !

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La terrible oppression des animaux mignons

Depuis hier, un étrange phénomène pullule sur ma timeline Facebook: un nombre important de statuts invite à poster des photos d’animaux mignons pour  » rompre la chaîne des photos des animaux maltraités. » Ce n’est pas la première fois que des statuts dont le but est de rompre avec une chaîne quelconque (indifférence à l’art, au cinéma…) invite les facebookiens à partager des images ayant un lien avec ladite chaîne. Dans l’absolu, il n’y a donc pas à s’émouvoir outre mesure que l’effet de cette mode s’empare aussi des animaux. Mais il y a un problème qui me chagrine, surtout si on le replace dans le contexte.

Le contexte, parlons-en. A moins que vous ne viviez dans une cave, vous avez tous entendu parler de ce fait-divers qui a indigné toute la France (ou presque): un individu sadique, « Farid de la Morlette » de son nom Facebook, s’est amusé à balancer un chaton dans les airs puis contre un mur, le tout en étant filmé et en balançant la vidéo sur Facebook. Il crée le buzz, provoque la colère d’à peu près tout le monde, reçoit des menaces de mort, se fait inculper, se fait rattraper par la justice, et reçoit la peine la plus lourde jamais prononcée en matière de cruauté envers les animaux (soit un an de prison ferme). Oscar, le chaton, est récupéré par la SPA locale, s’en tire avec quelques fractures, se remet doucement de ses blessures. Tout se termine bien me direz-vous.

Or, c’est après ce tollé médiatique que se met à pulluler sur les réseaux sociaux ces statuts qui invitent à  » rompre la chaîne des photos des animaux maltraités » (d’accord, je me répète, mais je n’arrive décidément pas à m’en remettre).

La question que je me pose, c’est, qu’à part la vidéo de ce pauvre Oscar partagée un peu partout, où donc voit-on des images d’animaux maltraités? Car à moins que vous ne traîniez assidûment sur des sites web ayant un lien avec la protection animale, on ne peut pas dire que les réseaux sociaux en général sont un nid à images gores. Moi-même j’ai bien du mal à regarder ce genre de photos (pour tout vous avouer, je n’ai même pas voulu regarder la vidéo de Farid) tant la cruauté envers les animaux me révulse. Quand j’ai regardé le film Earthlings*, j’ai pleuré pendant deux heures. En fait, il n’y a guère que les militants de la cause animale ou des végétariens de tout poil pour s’émouvoir de la cruauté envers TOUS les animaux.

Car ce qui me gêne le plus, avec ce partage de photos d’animaux mignons, c’est qu’on touche du doigt un des fondements de notre société, qui est le spécisme. Le spécisme, mot relativement récent pour désigner un concept vieux depuis au moins l’antiquité, « désigne la discrimination fondée sur le critère de l’espèce » (définition Wikipédia). Cela signifie, en clair, qu’il y a des espèces plus importantes que d’autres. Cela signifie aussi que l’humain est considéré comme supérieur et que cela lui donne à peu près tous les droits. Outre le fait que cette dernière affirmation est fausse (si l’humain disparaissait de la surface de la Terre, celle-ci n’en aurait pas grand-chose à secouer. Supprimez par contre les abeilles, et c’est la mort programmée de toute forme de vie.), elle sert de justification à bon nombre de nos comportements, parmi lesquels manger de la chair animale trône en première place.

Mais attention! pas n’importe quelle chair animale ! Le spécisme est là pour nous dire quelles espèces aimer et chérir, et quelles espèces tuer et manger. Les premières ont bien de la chance, là où les deuxièmes n’avaient qu’à êtres mignonnes pour espérer le salut.

Un chat, c’est mignon. Un chien, aussi (je suis assez dubitative face à ce fait mais bon cela n’engage que moi). Les lapins, tant qu’ils sont nains, aussi. Ils auront donc droit à nos soins, à notre amour, à ce que leur souffrance nous indigne. Jamais nous ne mangerons de leur chair, car nous avons un rapport privilégié avec eux.

Par contre, un cochon, surtout adulte, c’est gros, c’est moche, c’est con (ah bon?). Une vache, c’est pas mignon. Une poule c’est con. Un poisson ça pue, et c’est doublement moche. On peut donc les asservir, les tuer, les manger. On peut leur donner des coups de pied si ça nous chante, on peut les castrer à vif, leur couper le bec, les ailes, les queues, on peut les laisser crever la gueule ouverte, on peut les tuer par milliards. On peut, ce n’est que du bétail.

Un chat peut ressentir de la souffrance et en cela, il mérite notre protection.

Une poule peut ressentir de la souffrance et en cela, elle n’aura que notre mépris.

Donc excusez-moi de ne pas partager de photos d’animaux mignons pour rompre la chaîne d’animaux maltraités. Car être mignon n’est pas un critère valide pour mériter de vivre.

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*Earthlings: (Terriens en français) Documentaire sorti en 2005 traitant du sort que l’on réserve aux animaux et plus particulièrement à ceux que l’on mange. Des vidéos très dures sont montrées, souvent tournées clandestinement par des activistes de la cause animale.

« Faut-il manger les animaux? » de Jonathan Safran Foer

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Je viens de finir de lire Faut-il manger les animaux, de Jonathan Safran Foer, le premier livre que je lis sur le végétarisme, ou plus largement, sur la question morale de notre alimentation carnée. Ce livre est un peu inclassable, dans la mesure où on ne peut pas le mettre dans la catégorie « essais », romans, ou encore témoignages (ce qui ne fait pas son éditeur en poche, Points), car il est un mélange de souvenirs de l’auteur, de témoignages, de réflexions philosophiques sur les animaux et la viande que nous mangeons… Tout en relatant des faits, solidement appuyés par de nombreuses études (il y a près de 40 pages de notes, sur un total de près de 400 pages, soit 10% du bouquin). Ce livre m’a paru donc plus digeste qu’un étalage de statistiques et de citations d’études scientifiques.

Contrairement à ce que l’étiquetage « pro-végétarien » de l’auteur laisse entendre, celui-ci ne cherche pas à tout prix à démontrer que le végétarisme est la seule solution possible. Sa position est à bien des égards, modérée: il a conscience que notre alimentation est un sujet sensible, justement parce qu’elle ne sert pas uniquement à nous nourrir: elle est aussi sujette au partage, à l’émotion et à la vie sociale: nous ne mangeons pas en cachette dans notre coin, mais bien souvent avec autrui, ce qui est l’occasion d’échanges et de témoignage de sympathie (un peu comme lorsqu’on remercie le cuisinier du repas qu’il a concocté en lui disant que c’est délicieux), c’est ce qui fait de nous des êtres humains, en somme.

En fait, le sujet principal de ce livre n’est pas tant de répondre à la question, un peu racoleuse, « Faut-il manger les animaux? », mais plutôt de répondre à celle-ci: faut-il manger les animaux issus d’élevage industriel? (le titre du livre aurait été un peu long je vous l’accorde :p) Instinctivement, nous savons qu’il y a quelque chose qui cloche avec l’industrie de la viande mais sans trop savoir (ou vouloir savoir) ce qu’il en est. Jonathan Safran Foer nous informe, sans concession, de la réalité de cette industrie, et la réalité n’est vraiment pas jolie à voir.

Etant américain, l’auteur s’attache à décrire la situation en Amérique, mais dans la mesure où notre industrie agro-alimentaire s’inspire de celle américaine, les francophones que nous sommes ne devraient pas se dire « De toute façon ça se passe aux Etats-Unis, chez nous c’est pas comme ça ». Que ce soit en Amérique ou en Europe, le bien-être de l’animal n’est jamais respecté, pour la simple raison que l’élevage industriel est la norme: 99% de la viande consommée est issue d’animaux d’élevages industriels. Un chiffre pareil donne à réfléchir quand on essaye de se rassurer en se disant qu’on achète de la viande « saine », bio, ou à label!

En fait, Foer ne se prononce pas contre l’élevage à taille humaine, qui se soucie de ses animaux, qui les élève dans les prairies (le véritable sens de « plein air », étiquette purement mensongère sur les emballages de vos oeufs), qui considère que faire du chiffre ne doit pas se faire au détriment du bien-être de l’animal. Une bonne partie de l’ouvrage, en conséquence, livre des témoignages de « petits » éleveurs qui ont réussi à se soustraire des entreprises agro-alimentaires. Le problème, c’est qu’ils sont l’exception.

En ce qui concerne la réalité de l’industrie de l’élevage, il insiste aussi bien sur la cruauté qu’elle inflige aux animaux, que sur les conséquences désastreuses sur l’environnement ou la santé humaine. Par exemple, l’alimentation massivement bourrée d’antibiotiques que l’on donne aux poulets pour survivre dans des conditions de stress  et de vulnérabilité extrêmes a des retentissements sur notre propre santé: en ingérant ces antibiotiques via notre nourriture, nous les rendons de plus en plus inefficaces car les maladies deviennent de plus en résistantes. (ce n’est pas pour rien qu’il y a quelques années, on nous bombardait du « Les antibiotiques, c’est pas automatique! » pour responsabiliser le citoyen quant à sa consommation de médicaments. Par contre, on n’a jamais pensé à responsabiliser l’industrie agro-alimentaire, qui nous empoisonne impunément…)

Mais pourquoi refile-t-on des antibiotiques aux animaux que l’on mange, au juste? C’est le système même de l’élevage industriel qui rend indispensable ces antibiotiques. L’élevage industriel consiste à  « augmenter le rendement de cette activité, notamment en augmentant la densité d’animaux sur l’exploitation ou en s’affranchissant plus ou moins fortement du milieu environnant (confinement). (définition de Wikipédia) Ce confinement a des répercussions sur la santé de l’animal: un poulet, un cochon ou une vache ne sont pas faits pour être entassés par milliers, voire dizaine de milliers, dans un hangar, souvent sans fenêtre, avec tellement peu de place qu’ils ne peuvent ni se retourner, ni se coucher, et sans autre choix que de vivre dans ses excréments. Cette proximité endurée favorise les maladies, et rend les animaux fous, raison pour laquelle, par exemple, on coupe (sans anesthésie) les queues des cochons ou le bec des poulets pour réduire le cannibalisme qu’ils se livrent de par le manque d’espace…

On bourre les animaux d’antibiotiques pour qu’ils survivent à des conditions telles que nombre d’intellectuels les qualifient de concentrationnaires. Isaac Bashevis Singer, écrivain américain juif, prix Nobel de littérature, n’hésite pas à comparer l’élevage industriel aux actions des nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. La vie d’un bovin ou d’un poulet est faite de souffrance du début à la fin, et sa mort n’est ni douce ni humaine. Si la législation oblige en théorie à étourdir l’animal avant de le tuer, elle n’est en pratique que mal appliquée: le rythme soutenu, à la chaîne, qu’implique l’industrie ne permet pas de s’assurer que l’animal est bel et bien inconscient avant d’être tué. Il arrive même, dans des proportions non-négligeables mais difficilement quantifiables, que l’animal est écorché (le fait d’arracher la peau) et découpé alors qu’il est encore vivant… Il est bien beau, dans de telles conditions, de seulement s’émouvoir de l’abattage halal quand c’est au final l’ensemble de l’industrie de la viande qui se livre à des pratiques barbares!
Les croisements génétiques que l’on a procédé (dindes incapables de marcher, vaches produisant cent fois plus de lait que la normale, poulets difformes de par leurs poids…) ont eu pour conséquence de faire de ces animaux des erreurs de la nature incapables de vivre naturellement. Leur dépendance aux antibiotiques, leur privation d’espace et de lumière, leur nourriture inadaptée les rendent fragiles et incapables de survivre dans des conditions de vie réelles. On a même fait en sorte qu’ils soient incapables de se reproduire naturellement, à tel point que ces animaux, s’ils retournaient à l’état sauvage, seraient condamnés à disparaître! Nous avons rendus ces monstres de Frankenstein dépendants de l’industrie qui les a créés et qui les tue en masse.

Sans compter les conditions de travail impossibles pour tous ceux qui travaillent dans ces industries et dont le travail déshumanisant et mal rémunéré les conduit à se délivrer de leurs frustrations sur les animaux au travers d’une violence insupportable (nombre de vidéos sur ce sujet sont disponibles sur Internet, je ne saurais que trop vous conseiller de regarder le documentaire Earthlings pour vous en faire une idée). Et cette violence n’est pas l’apanage de quelques sadiques, elle n’est ni rare ni condamnée par les entreprises d’élevage et d’abattage.

Finalement, la solution la plus simple pour arrêter d’enrichir une industrie  cruelle, dépourvue de scrupules et d’humanité est encore de renoncer à acheter leurs produits. En d’autres termes: ne plus acheter de produits d’origine animale. C’est le message du livre, qui nous met face à nos propres dilemmes: « Si l’on mange de la viande aujourd’hui, on a généralement le choix entre des animaux élevés avec plus (poulet, dinde, poisson et porc) ou moins (boeuf) de cruauté. […] Comment rendre obsolète ce calcul utilitaire de l’option la moins abominable? A quel moment le choix absurde qui est le nôtre aujourd’hui devrait-il céder la place à une résolution d’une ferme simplicité: ceci est inacceptable? Jusqu’à quel point une pratique culinaire doit-elle être destructrice avant que nous décidions de manger autre chose?  Si le fait de savoir que l’on contribue aux souffrances de milliards d’animaux qui mènent des vies misérables et (bien souvent) meurent dans des conditions atroces ne parvient pas à nous motiver, qu’est-ce qui le fera? […] Et si vous avez envie de repousser ces questions de conscience à plus tard, de dire pas maintenant, alors, quand?  » (p.320, éditions Points)

Le lait, inoffensif ?

Aujourd’hui, mise au point sur le lait. Plus je lis d’articles dessus, plus cela me motive à passer vegan. Voici une petite liste de liens commentés pour vous informer sur certaines vérités concernant l’industrie du lait :

http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/ArticleInteret.aspx?doc=calcium_briere_j_2002_ps

Article ni vegan ni même végé, mais qui informe sur le bombardement publicitaire qui nous persuade que le lait est bon pour la santé et la SEULE source calcium, sans compter que nous n’avons pas besoin de doses massives de calcium pour être en bonne santé. L’OMS, l’organisation Mondiale de la Santé, préconise un apport de 400 à 500mg de calcium par jour. A titre de comparaison, Candia sur son site indique que l’apport journalier conseillé est de 800mg ! Bien sûr, faut bien qu’il vende ses produits, le plus possible, quitte au mensonge publicitaire pseudo-scientifique… Quand au programme national nutrition santé, il continue de préconiser 3 voire 4 produits laitiers par jour, ce qui correspond au minimum à 700mg par jour ! (si vous buvez un bol de lait au matin, prenez un yaourt nature au midi et un morceau de fromage au dîner) Sachant que la surconsommation de calcium est au mieux inutile, au pire dangereuse, il y a de quoi s’interroger sur la volonté du gouvernement à promouvoir le lait... Lobbies de l’industrie agro-alimentaire, quand tu nous tiens !

Mais réduire et surtout supprimer sa consommation de produits laitiers est surtout motivé pour des raisons éthiques. Vous croyez ne faire du mal à personne en buvant votre verre de lait, que les vaches broutent gaiement dans les prés, câlinées et dorlotées par le gentil fermier bien franchouillard, qui leur garantira une fin de vie paisible lorsqu’elles ne produiront plus de lait ?… Raté !

Petit résumé des conditions de vie des vaches laitières, qui sont certainement plus à plaindre que les vaches à viande ici : http://www.lait-vache.info/. Si vous avez besoin de « vraies » preuves ou de concret, vous pouvez aussi consulter ce blog http://elevage-souffrance.blogspot.fr/2012/12/les-vaches-laitieres.html , tenu par une jeune femme ayant fait des études agricoles dans le but de devenir éleveuse, mais qui a rapidement changé d’orientation en étant témoin de la réalité de l’élevage.


(vidéo montrant la séparation d’un veau de sa mère, avec la vache courant après le camion qui enlève son petit, en meuglant de désespoir)

En clair, quelque soit l’élevage concerné (petite ou grande exploitation), les éleveurs sont soumis à des logiques de rentabilité qui rendent les conditions de vie des animaux ignobles. Les vaches, pour produire du lait, sont engrossées tous les ans, (forcément par insémination artificielle, rentabilité et efficacité oblige) mais leur veau leur sont arrachés dès la naissance. Si le veau est un mâle, il rejoindra ses congénères dans une « usine » à viande (je ne peux pas trouver d’autre mot), le temps qu’il grandisse et hop ! bye bye ! direction l’abattoir au bout de quelques mois. Boire du lait, c’est tuer un veau. Si le veau nouveau-né est une femelle, elle aura le triste privilège de connaître le même sort que sa mère, à savoir produire plus de 6000 litres de lait par an, avoir des malformations provoquées par la quantité anormale de lait supportée, et mourir d’épuisement au bout de cinq années de vie… (là où l’espérance de vie d’une vache normalement nourrie et bien traitée est de 20 ans). Ou bien cette femelle sera tout bonnement tuée si l’exploitation agricole possède déjà un nombre suffisant de femelles.

Je veux bien croire qu’il y ait des petits éleveurs plus humains et plus soucieux du respect de la vie de l’animal, en attendant, ce n’est pas en buvant du lait acheté en supermarché que vous et moi pourrons se donner bonne conscience… Même le lait bio ne garantit pas un meilleur traitement de la vache, donc bon ! (la notion bio garantit surtout l’absence de pesticides, d’OGM, bref, c’est chouette comme initiative mais ça n’avance pas la cause animale)

Appétissant, n’est-ce pas, votre fromage au goût de sang ? Sans compter que le fromage n’est en général pas végétarien. En dehors de tout ce que je viens de dire, le fromage est composé de présure, qui est un acide prélevé dans l’estomac de veaux, que l’on tue pour cela. (les plus cyniques d’entre vous me répondront « de toute façon, il allait mourir pour se transformer en BigMac, autant profiter de son cadavre jusqu’au bout ! », mais ne vous inquiétez pas, l’industrie y a déjà pensé avant vous, avec ce truc ignoble appelé « minerai de viande » – je vous laisse le soin de chercher sur internet la définition de cette immondice, je suis déjà suffisamment au bord de la nausée comme cela). Il existe de la présure d’origine végétale ou microbienne, mais elle est loin d’être répandue, et surtout il est quasiment impossible de savoir, dans un supermarché, si un fromage contient de la présure animale ou végétale, faute de législation. Tous les fromages AOC ou Label Rouge contiennent de la présure animale, pour la simple raison que c’est une condition pour obtenir le label. En fait, s’il n’est pas marqué textuellement « présure (ou coagulant) microbienne (ou végétale) »  sur le produit, il y a tout à parier que la présure en question est animale.

De toute manière, l’industrie laitière étant meurtrière en soit, si le traitement éthique de l’animal vous concerne un peu, l’idéal est de supprimer, purement et simplement, tout produit laitier de votre alimentation. C’est ce que je suis en train de faire. Et ne vous inquiétez pas, vous pouvez tout à fait manger sainement (et même plus sainement) sans produit laitier, il suffit juste de savoir où trouver du calcium et du magnésium (en vrac et de façon non-exhaustive : dans les amandes, brocolis, algues, choux, noisettes, pois chiches, haricots blancs, épinards, lentilles, maïs…).

Ah, sans transition, j’ai appris récemment que l’Union Européenne songeait à autoriser de nouveau certaines protéines animales en nourriture pour l’élevage, pour des raisons financières… « Juste » pour le poisson (source : http://www.senat.fr/questions/base/2013/qSEQ13020363S.html ). Bah oui, tout le monde sait qu’un saumon, ça se nourrit de jambon et de nuggets ! Ca sent la crise de la « truite folle » dans quelques années, ça ne va pas louper. Cela motivera peut-être plus de gens à changer leur alimentation… Il faut toujours attendre qu’il y ait un scandale pour que les gens se posent des questions (cf. : Findus et ses lasagnes) et remettent un peu en question les énormes vessies qu’on essaie de nous faire passer pour des lanternes…

Je ne suis pas né pour devenir un filet-mignon, je suis mignon tout court !

Je sais que le sujet du lait est un sujet sensible, d’autant plus sensible qu’on est bercé depuis l’enfance sur ses bienfaits. Mais je pense qu’il est important de savoir, même si on n’a pas « vocation » à devenir végétalien, ce que contient réellement notre assiette, et dans quelles conditions cette nourriture a atterri dedans. Et encore une fois, je ne suis pas informée sur les conditions d’élevage de toutes les fermes françaises, bien sûr qu’il doit y avoir des exceptions. Il n’empêche que le gros de la production laitière, (tout comme l’industrie de la viande) ce n’est pas glorieux. A bon entendeur…

Paix et amour avec pleins de petits veaux se roulant dans le foin et à la prochaine !