Non-binarité, mon vécu et son lien avec le sexisme

Il n’a jamais vraiment été question de traiter de la question de la non-binarité sur ce blog, tout simplement car je n’étais pas légitime à en parler puisque je me considérais comme cis. Du moins c’est ce que je pensais.

Le problème, c’est que je ne suis pas vraiment sûre de l’être, cis. Tant que je me contentais de me positionner d’un point de vue strictement binaire, c’était certes évident : je suis née assignée de sexe féminin, je ne me suis jamais identifiée en tant que garçon, je n’ai jamais voulu être un garçon (quoique, j’y reviendrai plus tard). Donc sexe biologique = identité de genre = femme = cis. CQFD.

Néanmoins, il est impossible de raisonner uniquement en terme de binarité homme/femme, tout simplement car il y a une multitude de personnes ne se retrouvant dans aucune de ces étroites catégories… Qui sont, je le rappelle, socialement construites. Certes il y a des êtres humains dotés d’un pénis et d’autres dotés d’une vulve (il y a aussi des êtres humains qui sont dotés d’un peu ou de beaucoup des deux à la fois). Néanmoins c’est nous qui leur donnons du sens en les étiquetant « homme » d’un côté et « femme » de l’autre. Nous aurions pu diviser l’humanité sur d’autres critères biologiques, la couleur des cheveux, la taille… Or pas de chance pour les individus classés « femmes », c’est sur le critère du sexe que cette division devenue indiscutable s’est établie. Cette division a débouché sur un classement hiérarchique, et tadam ! le patriarcat est né en plaçant la catégorie « femmes » sous la domination masculine. Mais tel n’est pas le sujet de cet article et je m’excuse d’avance des raccourcis simplistes, si vous voulez plus de précision sur la construction sociale homme/femme, je vous invite à lire l’introduction et le premier chapitre du manuel Introduction aux études sur le genre (et lisez tout le bouquin tant qu’à faire).

Du coup, si l’on s’interroge sur son identité de genre en gardant en tête qu’il n’y a pas seulement « l’homme » ou « la femme », mais des hommes et des femmes et des individus ni hommes ni femmes, ou bien les deux à la fois… On se rend compte qu’il y a en fait une multitude de genres et de possibilités – j’ai presque envie de dire qu’il y a autant de possibilités qu’il y a d’individus -.

Je pense que le sexisme et la cisnormativité altère notre conscience de notre identité. Combien de fois j’ai pu dire en rigolant (ou pas d’ailleurs) que je n’étais pas une vraie fille parce que je n’aimais pas les vêtements trop féminins ni les activités habituellement considérées comme réservées aux femmes ? Or, depuis quand être une femme se réduit à porter une robe ou bien aimer acheter des vêtements ? Pendant longtemps, j’ai été incapable de me définir comme appartenant à la catégorie femme. Ado, faute de connaître un vocabulaire adapté, faute de savoir qu’il était possible de dépasser le spectre homme/femme, je me disais souvent que j’étais asexuée. Pas dans le sens où je n’avais ni organes sexuels ni libido, mais dans le sens où je ne me reconnaissais pas dans ces catégories où je me sentais forcée d’appartenir.

Le sexisme a un rôle énorme à jouer là-dedans : comment se définir en tant que femme, quand ce qui est perçu comme féminin est dévalorisé, jugé inférieur, futile et sans importance ? J’avais intériorisé le sexisme ambiant dans lequel nous grandissons tous-tes. Moi aussi je méprisais les filles, je les trouvais futiles à parler de garçons, de ne s’intéresser qu’au shopping et à lire des magazines féminins ridicules. Quand j’étais toute jeune ado, il n’était même pas possible pour moi de penser qu’une fille qui adore les vêtements puisse aussi adorer autre chose, puisse être autre chose qu’un être humain sans intérêt. Être féminine et aimer les jeux vidéo ? Pff, ridicule ! Elle ment, elle dit ça pour s’attirer les bonnes grâces des mecs ! Oui, inutile de dire qu’à douze-treize ans j’étais imbuvable. Je suis probablement passée à côté de belles amitiés à cause de ces préjugés qu’on nous incombe à la louche.

Dans ces conditions où le féminin n’est réduit à rien de sérieux, voire est haï et haïssable, comment accepter d’être de genre féminin ? Pour moi, c’était insupportable. J’étais incapable de correspondre aux clichés qu’on attendait de mon genre, ce qui a forcément abouti au fait que je haïssais profondément être de sexe féminin. Inutile de dire donc que je me haïssais et que je haïssais mon corps (qui a eu la bonne idée de faire une puberté précoce – à douze ans j’avais déjà à peu de différences près un corps de femme adulte). Du coup, me dire que j’étais asexuée, c’était un peu mon échappatoire, mon moyen de nier mon corps qui changeait et surtout, surtout, NE PAS ETRE UNE FILLE. Être une fille c’est être faible, c’est être dépendante des garçons, c’est être nulle. Je ne voulais pas ça, à aucun prix.

Néanmoins, je n’ai jamais vraiment voulu être un garçon. J’ai déjà envié les garçons de pouvoir être plus libres que les filles (je me souviens d’une fois où, toute jeune, huit ou neuf ans à peine, à une réunion de famille, tous mes cousins sont allés jouer dehors. Mais moi, on m’avait forcé de porter une jupe alors que je détestais ça. Je ne suis pas allée jouer avec mes cousins comme d’habitude ce jour-là, car j’avais honte de mes habits de fille dans lesquels je n’étais pas libre de courir à ma guise, sans être gênée par le vêtement. La jupe est un fourreau qui entrave la liberté de mouvement. J’ai conçu très tôt qu’une jupe (ou une robe) assigne surtout une femme à sa place supposée : assise, à l’intérieur, sage, sans mouvement brusque (de peur de faire remonter le tissu)… Sans que cela soit bien conscient, j’ai catégoriquement refusé de porter des jupes et des robes jusqu’à très très récemment.).

Si j’avais grandi dans une société égalitaire, mon vécu lié à mon identité de genre aurait-il été le même ? Est-ce que j’ai bel et bien détesté être une femme car nous vivons dans une société qui continue de détester les femmes ?

Passée la délicate étape de l’adolescence, et jusqu’il n’y a pas très longtemps, soit je ne me posais pas la question, soit la réponse coulait de source : je suis une femme, quand bien même je ne corresponds pas aux clichés liés à la féminité. Néanmoins, encore aujourd’hui, après mes quelques années de lecture féministes et/ou sur le genre, je ne peux m’empêcher de ressentir un malaise face à cette affirmation. Je suis une femme, oui, mais…

Je ne peux plus me cacher derrière l’excuse du sexisme intériorisé : j’ai pleine conscience qu’il n’y a aucun mal à être une femme, qu’il n’y a pas d’activité ou de passe-temps « féminins » ni « masculins », qu’on peut être un mec et aimer se maquiller, on peut être une femme et roter en buvant de la bière, et que les activités ou loisirs traditionnellement assignés aux femmes tels que le maquillage ou le shopping ne sont pas plus superficiels qu’autre chose.

Je suis une femme, mais pas que. La non-binarité existe et s’il est encore trop tôt pour moi pour m’identifier en tant que tel, la catégorie « femme » reste trop étroite pour moi, quand bien même j’aurais balayé tout le sexisme devant ma porte. Je ne me suis jamais identifiée en tant que mec, et cela ne m’arrivera probablement jamais. Néanmoins, je me rends compte que la neutralité, peut-être pas tout le temps certes, est une identité dans laquelle je me reconnais cependant le plus. Je me considère souvent en tant que femme, mais il y a aussi une bonne partie du temps ou je me considère comme neutre. Je m’interroge et me dis que même si je ne suis peut-être pas 100 % neutre, je ne suis pas non plus 100 % femme. Être identifiée en tant que femme me fatigue souvent, je préférerais qu’on arrête tout simplement de penser à moi en tant que femme mais en tant qu’individu.

La question est difficile, et je suis incapable de trouver une réponse pour le moment. Être femme me fatigue-t-il à cause du sexisme que je me prends nécessairement dans la gueule, ou bien est-ce plus profond ? N’est-il pas légitime pour tout le monde de vouloir être perçu comme un individu avant d’être réduit à son genre ?

Je voudrais pouvoir emmerder profondément les normes genrées et la binarité homme/femme et vivre ma vie comme je l’entends sans me coller aucune étiquette, mais évidemment c’est naïf et impossible dans une société où être cis (et hétéro) est la norme, c’est impossible qu’on me fiche la paix vis-à-vis de mon genre quand on me renvoie sans cesse celui-ci au visage.

Ainsi, pour le moment, où je n’en suis finalement qu’à la genèse d’une réflexion qui nécessite des approfondissements, et où je continue de percevoir des avantages en tant que cis (ou supposée cis), je ne peux m’identifier en tant que non-binaire, j’aurais l’impression d’insulter celleux pour qui s’assumer en tant que tel relève du défi quotidien. Je n’ai pas envie de faire du « gender-blind » et dire « je m’en fiche du genre on est tous pareil chacun fait ce qu’il veut s’identifie à ce qu’il veut et tout est simple dans le meilleur des mondes tralala youpi » car c’est faux, dire cela en tant que cis c’est juste indécent pour les personnes trans et non-binaires.

Cet article n’aura pas vraiment eu le mérite d’y voir plus clair pour moi, néanmoins il pose une base de réflexion qui me semblait nécessaire dans ma vie, là et maintenant. J’ai surtout parlé de mon vécu, et quand je ne parle pas de mon vécu j’ose espérer n’avoir pas dit de la merde. S’il y a des personnes concernées qui ont été blessées par des paroles problématiques, n’hésitez pas à me le signaler et je rectifierai si besoin.

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No-Cheesecake fraises-framboises

Bonjour ! Après une très longue absence, me revoici pour partager une nouvelle recette fraîchement testée d’aujourd’hui :D
Il s’agit d’un no-cheesecake à la framboise et aux fraises, entièrement vegan évidemment. Je me suis inspirée de la recette du cheesecake présent dans le livre 25 desserts vegan de Marie Laforêt, mais comme je n’avais pas tous les ingrédients nécessaires, la recette n’a finalement plus grand-chose à voir avec l’originale, ce qui m’a décidé à vous partager « ma » version de cheesecake sur ce blog.

Destiné pour l’anniversaire de mon amoureux qui est surtout amoureux des framboises, j’ai intégré dans la base du cheesecake des -attention captain Obvious arrive- framboises, mais voyant que je n’en avais pas assez, j’ai rajouté des fraises, ce qui a rendu l’ensemble encore plus crémeux et finalement plus homogène. Des fois, l’improvisation aboutit sur des résultats tout à fait sympathiques !

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Bien que ne comportant aucun produit d’origine animale, il a été dévoré par des omnis qui n’y ont vu que du feu, donc je pense que je referai cette recette sans hésiter, sans compter que c’est au final une recette très simple à réaliser.

Les ingrédients :

Pour le fond :
– 
170g de spéculoos végétaliens (ceux de la marque « Lotus » le sont)
– 50g de sucre (facultatifs je pense)
– 3 à 4 cuillers à soupe d’huile végétale

Pour la base :
– 200g de tofu ferme
– 200g de tofu soyeux
– 180g de noix de cajou non grillées et non salées
– 125g de framboises
– 100g de fraises (j’y suis allée au pif, à vous de voir si vous voulez un goût de fraise plus ou moins prononcé)
– 100g de sucre
– 3 cuillers à soupe de fécule de maïs

  1. Faire tremper dans l’eau froide les noix de cajou pendant au moins 3 heures (plus vous les faites tremper plus elles seront faciles à mixer), puis égoutter et bien absorber l’eau restante avec un torchon ou du sopalin.
  2. Préparer le fond biscuité : mixer (au robot ou au mixeur) tous les ingrédients jusqu’à réduire les spéculoos en miettes.
  3. Placer la préparation dans un moule rond de 25-30cm de diamètre, bien tasser, puis réserver au réfrigérateur.
  4. Pour préparer la base, mixer tous les ingrédients (veiller au préalable à avoir bien absorbé l’excédent de liquide du tofu avec un torchon) dans un saladier. Avec un mixeur de piètre qualité comme le mien, pauses comprises, cela prendra environ 15 minutes. Veillez à prendre des pauses dès que l’appareil chauffe trop. Si vous avec un mixeur high-tech ça prendra beaucoup moins de temps !
  5. Dès que vous avez une texture crémeuse, lisse et homogène, placer la préparation dans le moule, lisser avec le dos d’une cuiller, puis mettre au four 30 minutes à 180°C (ça c’est ce qui est écrit dans le livre de la recette initiale, moi c’était au pif vu que j’ai un four capricieux). C’est cuit quand les bords commencent à roussir.
  6. Placer plusieurs heures au réfrigérateur.
  7. Déguster sans en laisser une miette :)

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Ca a été la première fois que j’utilisais de la noix de cajou dans un dessert, et ça ne sera pas la dernière tant le résultat est bluffant. Ca me motive à tenter de faire des fromages végétaux à la noix de cajou, je vous tiendrai au courant de ma tentative si elle est fructueuse !

A bientôt les extrémistes enragés (ça se voit hein) !

Complaisance ou intransigeance?

Avant de commencer l’article, je précise quand même une chose : j’ai vraiment envie de m’investir dans le militantisme, autrement qu’en partageant de temps en temps des liens sur Facebook. Mais vraiment. Aller à des manifs, distribuer des tracts, ce genre d’actions où tu as vraiment le sentiment de t’investir vraiment pour la cause que tu défends. Pas par te filer un shoot d’ego en mode « hey ! Regardez ce que je fais pour les animaux/les femmes/les homos ! », mais bien parce qu’il y a un moment où rester sur Internet ne suffit pas pour venir en aide aux animaux (par exemple).

basta

Mais militer est-ce vraiment à la portée de tout le monde ? Je ne crois pas. En tout cas, dans l’état actuel des choses, en ce qui me concerne ce n’est même pas une option valable. J’y pense tout le temps, mais je suis dans l’incapacité émotionnelle/mentale/psychologique de m’investir dans une action dès que celle-ci nécessite une interaction sociale. Parler avec des gens, côtoyer des inconnus, gérer le stress, tout ça représente une difficulté qui me paraît bien souvent insurmontable. Donc, j’essaie de faire avec mes pauvres moyens, à mon niveau, et je sais que c’est vraiment totalement insuffisant, et je le regrette énormément.

Bref, tout ça pour dire qu’il faut prendre cet article avec des énormes pincettes car ce que je dis concerne vraiment le quotidien, et non pas un cadre militant défini (manif, etc).

J’ai remarqué un truc qui me gêne ces temps-ci, qui est assez repérable dans mon attitude mais qui se repère pas mal chez les autres, c’est la complaisance face aux personnes qui véhiculent des oppressions. L’exemple le plus simple, à mon sens, est bien sûr le spécisme, car je crois peu m’avancer en disant que c’est l’oppression systémique la plus en vigueur dans notre société actuelle : il suffit de se référer aux pourcentages de véganes dans la population française (allez, 1 %? 2 % à tout casser?). Cela a pour résultat un nombre énorme de victimes chez les animaux non-humains (ouip parce qu’en fait, désolée de casser votre trip descartien d’humain supérieur aux autres et tout et tout, mais les humains sont des animaux comme les autres, donc la précision n’est pas superflue). Animaux terrestres et marins confondus, on compte au bas mot 100 à 1000 milliards de victimes chaque année. Oui. Vous avez bien lu. Ce chiffre qui dépasse l’entendement, j’ai dû apprendre à le supporter, tous les jours.

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Parce que vous savez quoi ? Le plus dur, quand on devient végane, ce n’est pas bouffer du tofu, des lentilles, sucer des cailloux* [*contains irony inside] ou répéter pour la centième fois à Mamie que non, vous ne prendrez pas une part de son gâteau car il y a de l’œuf dedans. Le plus dur ce n’est pas de préparer sa gamelle du midi parce que le restau U fout de la barbaque ou du beurre ou de l’oeuf partout. Non, le plus dur, c’est de compter les victimes, qui continuent de s’accumuler, tous les jours, toujours plus nombreuses, sur l’autel de nos comportements spécistes. Le plus dur, c’est d’avoir ouvert les yeux, et de se rendre compte que les autres eux, ont gardé leurs œillères. Ce qu’il y a d’encore plus dur, c’est de parler de ces victimes, parler des moyens de les épargner, diffuser des infos, propager des recettes à tout-va, encourager chaque transition, et de voir qu’à peu près tout le monde s’en fiche éperdument. Tout le monde s’en fiche d’où vient son steak, et le pire, c’est que quand ils le savent, et bien… Ils continuent de s’en foutre.

Mille milliards de victimes chaque année, et une indifférence générale. C’est ce qui est le plus douloureux. Voir des gens que tu aimes, que tu respectes, qui ont énormément d’importance pour toi, te dire droit dans les yeux que c’est bien triste mais que c’est comme ça, la viande c’est trop bon. Chacun ses choix. Chacun son choix de participer au vaste massacre.

On m’a parfois reproché d’être agressive, ce qui me fait doucement rire. Franchement, faites un tour sur ma page Facebook et soyez objectifs. Je suis tellement agressive quand je poste des recettes de brownies véganes. Je suis tellement agressive quand j’encourage les gens à faire un don à des refuges d’animaux rescapés de l’abattoir. Je suis tellement agressive quand je dis que c’est quand même plus sympa de manger des lasagnes aux légumes que des lasagnes à la viande de vache laitière de réforme qui a vécu une vie misérable. Je suis tellement agressive, quand c’est les animaux qui trinquent de votre absence de compassion.

Au contraire, j’ai l’impression d’être vraiment beaucoup trop tolérante, et ça m’use, petit à petit. Ça m’use de voir défiler ces commentaires de gens qui vont au mac-crado, de gens qui parlent de fromages, qui veulent aller au zoo. Je passe la plupart du temps à me retenir de commenter, car je sais que ça partira en cacahuètes car personne ne veut entendre la vérité. Ce n’est pas votre vie qui me dérange. Ce qui me dérange, c’est ces mille milliards d’animaux séquestrés, torturés, mutilés, écorchés, assassinés, au nom de quoi ? Du bacon ? Du divertissement ? De sushis parce que le thon c’est trop bon ? Au nom de quoi la cruauté mérite-t-elle une justification ? Parce qu’ils sont moins intelligents ? Parce qu’ils ne savent pas écrire de dissertations ? Parce qu’il n’auraient soit-disant par de conscience ? En quoi ces critères justifient quelque torture que ce soit ?

Je suis fatiguée de voir la violence et la cruauté, partout, tout le temps. Je sors, je vois une meuf avec son manteau de fourrure. Cadavre écorché vivant. Nausée. Je fais mes courses, je vois les étalages de morceaux de cadavre sous vide. Nausée. Je vais manger chez des amis, je sors une bouteille d’eau du frigo, j’aperçois des saucisses de cadavre juste à côté de la bouteille. Nausée. Je parle avec des amis, ils me disent que ça fait longtemps qu’ils ne sont pas allés voir des animaux au zoo, tu traduis dans ta tête « voir des prisonniers à l’espérance de vie réduite pour le plaisir des humains ». Nausée. Tu vas te laver les mains dans la salle de bains, tu vois un tas de cosmétiques testés sur les animaux. Nausée. Le soir tu rentres chez toi, sur le chemin tu vois une affiche pour le cirque avec des animaux-esclaves, prisonniers et torturés pour être conditionnés à faire des tours idiots pour le plaisir humain. Nausée.

Quand ce cauchemar s’arrêtera-t-il ? Quand arrêterons-nous de faire payer aux animaux notre mode de vie basé sur la consommation, la surconsommation, acheter, toujours acheter ? Quand arrêterons-nous de considérer l’animal comme une marchandise qu’il est bon d’user à notre guise ?

Je voudrais arrêter ma complaisance envers les gens, arrêter de me contenter d’avoir un sourire crispé quand on me dit que chacun ses choix, c’est comme ça (paye ton argument, en passant). Je voudrais être plus intransigeante, pas pour « convertir » le plus de gens, être végane ce n’est pas une religion. -cela s’applique aussi pour le féminisme. Je voudrais l’être au nom des animaux, qui n’ont pas de voix pour se faire entendre. Je voudrais dire « merde » aux inhibitions qu’on inculque aux filles dès leur plus jeune âge – ne proteste pas, ne dis pas non, tiens-toi droite, sois belle, ne casse pas l’ambiance sinon t’as pas d’humour, t’es hystérique, t’es frustrée, ‘spèce de féminazi, ferme-la donc.

Je voudrais m’efforcer de ne pas avoir peur de casser l’ambiance, car si celle-ci consiste à se foutre éperdument des opprimés, alors non, je préfère m’en passer. Cela va être long, cela va me demander du courage, mais je ne veux pas me taire pour ne pas bousculer les préjugés des gens. Je vais continuer à m’informer moi-même, continuer à déconstruire les bastions de clichés que je continue encore à propager malgré-moi, et ouvrir ma gueule.

J’ai, malgré moi, axé cet article sur le spécisme et le véganisme, mais c’est valable pour le patriarcat et le féminisme. Il y aurait encore un tas de choses spécifiques à dire sur ces sujets, sur la difficulté que cela représente de ne pas être complaisant-e face aux remarques sexistes, racistes, spécistes, transphobes… Peur de se prendre un shitstorm dans la face quand on est la/le seul-e à être un chouilla informé-e à ces questions face à un auditoire nombreux, peur d’être rejeté-e, peur de ne pas être « cool ». J’assume que j’ai souvent fermé ma gueule par flemme de faire naître le débat. Eduquer, être pédagogue, mais aussi savoir répondre aux attaques parfois extrêmement agressives et insultantes, ça use, c’est fatigant, c’est difficile de l’être au quotidien, sans interruption. Mais il n’y a pas vraiment le choix, n’est-ce pas ? C’est à ce prix que les choses changent. La société ne se change pas toute seule (contrairement à ce que les rageux veulent bien croire, toute avancée sociale est le fruit d’une lutte – le droit de vote n’est pas tombé tout seul comme une pomme attirée par la gravité dans les mains des femmes hein.).

Je vais m’arrêter là car je tourne un peu en rond, j’ai encore besoin de temps pour étayer ma réflexion sur ces questions. Je reposterai peut-être quelque chose de plus abouti plus tard, ou bien mettrai à jour cet article.

Pensez un peu moins à vous-mêmes et un peu plus aux autres, merci pour elleux.

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Soupe hivernale pour morfales

Bonjour ! J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes, que vous avez bien mangé (cruelty-free – z’êtes sur un blog végé quand même), passé de bons moments, ou bien si comme moi vous n’avez pas fêté Noël parce que vous n’en voyez pas l’intérêt, j’espère que vos vacances se déroulent comme sur des roulettes (si vous avez la chance d’être en vacances. Si ce n’est pas le cas, et bien… Pas de bol. Je vous envoie des cookies virtuels en réconfort.)

Après ces politesses de circonstance, comme ça fait longtemps (et aussi parce qu’en ce moment j’ai la flemme), voici une petite recette de soupe improvisée qui tient bien au corps pour lutter contre la froideur hivernale. (ou accessoirement: une soupe pour des gens, qui, comme moi, ont des trous noirs à la place de l’estomac). Elle comporte un légume que j’ai redécouvert récemment et que j’ai adoré de suite: le topinambour. Une fois épluché, c’est visuellement proche de la patate, avec un goût (une fois cuit, petits plaisantins) à mi-chemin entre la patate et le navet. La patate et le topinambour sont d’ailleurs nutritionnellement très proches, si je ne m’abuse. (corrigez-moi si je dis une connerie)

Goûtez-en si ce n’est pas déjà fait, c’est parfait dans une poêlée de légumes ou en remplacement de la pomme de terre, pour varier un peu :)

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Topinambour mon amour

Passons maintenant aux choses sérieuses, c’est-à-dire la recette:

Pour une grosse assiette ou deux assiettes moyennes, vous aurez besoin de:
– 300 à 400g de topinambours (épluchés) – selon que vous vouliez un goût plus ou moins prononcé de topinambour
– 1 grosse patate (le légume hein, pas le coup de poing, c’est pas comme ça que vous vous ferez des amis)
– 1/2 boîte de marrons en conserve, soit environ 300/400g (ou bien surgelés, frais… à vous de voir – n’oubliez pas de les cuire au préalable s’ils sont frais, mais je suppose que c’est idiot de le préciser -du moins j’espère, sinon va falloir penser à sérieusement vous remettre en question)
– lait de soja ou autre lait végétal
– noix de muscade moulue
– sauce soja
– pour décorer : quelques feuilles de roquette ou de mâche, ou encore du persil
– (facultatif) margarine végétale
– sel, poivre

1) Commencez d’abord par cuire votre grosse patate avec les topinambours. J’ai cuit tout ça à l’eau, mais vous pouvez bien sûr cuire à la vapeur si ça vous chante (probablement que ça sera même meilleur). Comptez environ 40 minutes de cuisson pour les topinambours, un peu moins s’ils sont petits.

2) Réduisez grossièrement les marrons en purée, puis réchauffez-les à la casserole avec une cuiller à soupe de sauce soja. Mouillez de lait végétal.

3) Coupez en morceaux les topinambours et la patate cuits, mélangez dans un récipient adapté (saladier, tupperware, whatever) avec les marrons. Rajouter le sel, poivre, une autre cuiller à soupe de sauce soja, un bonne grosse pincée de noix de muscade. Mouillez abondamment de lait végétal. Puis sortez le mixeur plongeant et soyez sans pitié, il faut que ce soit bien lisse !

4) Enfin, verser la préparation dans une casserole et chauffez à feu doux, ajoutez du lait de soja jusqu’à qu’elle prenne la consistance d’une soupe bien épaisse. Rectifier l’assaisonnement si nécessaire, ajoutez la margarine à votre convenance. Laissez cuire 5-10 minutes.

5) Dans l’assiette, dresser quelques feuilles de roquette ou de mâche ou toute autre verdure pour décorer. Rajoutez de la margarine encore si vous êtes gourmands :D

6° Enjoy !

Ce n’est certes pas la soupe la plus équilibrée de l’univers, mais elle est réconfortante, délicieuse et super-simple à réaliser, que demander de plus? (on mangera plus léger quand ça sera l’été et puis zut.) Ne prévoyez pas de pain ou de croûtons à côté, car cette soupe est suffisamment roborative à elle toute-seule. Enfin, comme vous voulez, mais je vous aurai prévenu !

Photo de téléphone crappy quality, mais d'façon c'est une soupe, à quoi voulez-vous que ça ressemble?

Photo de téléphone crappy quality, mais d’façon c’est une soupe, à quoi voulez-vous que ça ressemble?

Passez un bon Nouvel An et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Trucs et astuces sur la cuisine végane

Cela fait un an depuis août que je suis passée au végétarisme, et presque un an que je suis végétalienne à forte tendance végane. Je n’ai pas fait d’articles-anniversaire (bonjour la flemme…), mais je vais me rattraper aujourd’hui, en partageant un certain nombre de recettes que j’ai découvertes depuis ma transition, et donner des petites astuces culinaires que j’ai glanées ici et là pour cuisiner végétal.

Toutes les recettes présentées viennent de blogs culinaires qui sont, pour certains, devenus de véritables Bibles et de grandes sources d’inspiration !
Première question à se poser quand on devient végétalien : mais on mange quoi quand on est végétalien ? De l’herbe et des cailloux bien sûr !

Rassurez-vous, manger végétalien ne signifie pas se priver de bons petits plats et passer sa vie à manger de la salade et des haricots verts. Il ne s’agit pas d’un régime de privation, et avec quelques astuces et un peu de bon sens, on peut tout à fait manger correctement sans aucune frustration. Il faut savoir qu’au moins 80 % des recettes sont végétalisables, et au-delà de ça, la cuisine végétalienne regorge de recettes qui lui sont propres et qui sont savoureuses. Essayez de taper « recettes végétaliennes » ou « recettes vegan » sur Google et vous serez surpris du nombre de résultats !

Je ne vais pas non plus essayer de vous mentir : si vous voulez manger des plats un peu élaborés, il va falloir mettre la main à la pâte. Mais rien ne vous y oblige, si, comme moi, vous aimez ne pas trop vous prendre la tête…

Grosso modo, le régime végétalien comporte des légumes et des fruits, des céréales (blé, riz, épeautre, millet…), des légumineuses (soja, haricots rouges, lentilles, fèves, pois chiches…), des graines et oléagineux (noix, amandes, noisettes, graines de lin, graines de sésame…), et des matières grasses (huiles : d’olive, de tournesol…).

Il suffit de manger un peu de tout cela en faisant une part belle aux légumes, et de vous complémenter en B12, pour manger de façon équilibrée et répondre à vos besoins. Pour plus d’infos, je vous invite à télécharger le guide du végétarien débutant sur le site de L’association Végétarienne de France.

En ce qui concerne la cuisine, quelques astuces simples permettent de cuisiner facilement sans œufs ni produits laitiers. En voici quelques-unes que j’utilise très fréquemment :

1) La fécule de maïs tu vénéreras

La fécule de maïs est un ingrédient très utile, que ce soit pour faire des gâteaux moelleux, de la béchamel inratable ou bien des sauces épaisses. Je l’utilise surtout pour faire de belles sauces. Vous en trouvez partout (en supermarché, c’est la Maïzena, mais essayez d’en prendre de la bio, ça ne coûte pas cher de toute façon).

Pour la béchamel sans beurre ni lait : il suffit de faire chauffer dans une casserole la fécule de maïs (ou éventuellement un mélange de fécule et de farine) avec de l’huile (d’olive, de tournesol…), puis de rajouter petit à petit le lait végétal (soja, riz, avoine…) en ne cessant de mélanger pour éliminer les grumeaux.

Pour épaissir des sauces : diluer dans un liquide froid (eau, lait…) une à deux cuillers à soupe de fécule de maïs, puis rajouter dans la préparation sur le feu, et bien mélanger. La préparation épaissira très vite.

La fécule de maïs peut également remplacer les œufs, notamment pour faire la panure. Il suffit de la diluer avec de l’eau ou du lait végétal, et de tremper l’aliment dedans, avant de le rouler dans la chapelure.

2) des gâteaux sans œufs tu chériras

Il est tout à fait possible de faire des gâteaux sans œufs, et une fois le tour de main acquis, on se demandera pourquoi s’être entêté à utiliser des œufs jusqu’ici…
L’astuce la plus simple consiste à utiliser de la compote, ou de la banane écrasée (bien mûre), de la crème de soja, ou du tofu soyeux.

Le tofu soyeux ? Qu’est-ce que ce nom tout doux ? Il s’agit d’une variété de tofu tout mou, à la texture du flan, qui s’utilise beaucoup en cuisine végétale pour remplacer les œufs dans les tartes ou les gâteaux. Il permet de faire des gâteaux à la texture irréprochable. On en trouve en magasin bio, mais aussi en supermarché (mais cher), ou tout simplement en épicerie asiatique ou son prix défie toute concurrence (je paie le mien 0,90€ pour 380g…) – en épicerie asiatique, il est souvent présenté sous le nom de « tofu flan ». Le tofu japonais fera aussi l’affaire – l’important est que la texture soit très molle. Il s’oppose au tofu classique, plus ferme, qui fera une merveille en tofu brouillé (oui oui, comme les œufs brouillés… mais en tofu).

En fait, lorsque vous faites votre pâte à gâteau, si malgré tout votre pâte reste trop sèche, il suffit bien souvent de l’humidifier avec du lait de soja, ou de l’huile, pour lier la pâte, et hop !
Par exemple, ma recette de gâteau-type, que j’adapte selon les besoins et les envies, est la suivante :

– 250g de farine (ou 200g de farine + 50g de fécule de maïs)
– 100g de sucre (de canne de préférence)
– 100ml d’huile (au goût neutre, tournesol par exemple)
– au choix : 100g de compote, 100g de tofu soyeux, 200ml de crème de coco, une banane écrasée
– si besoin : 100 à 250ml de lait de soja
– 1 sachet de levure chimique ou de poudre à lever

Mélanger d’un côté les ingrédients secs, de l’autre les ingrédients liquides. Tout réunir dans un saladier et bien fouetter jusqu’à avoir un résultat homogène (utiliser un batteur électrique si besoin).

Cette recette est bien sûr adaptable, laissez libre cours à vos envies, en rajoutant du chocolat, des morceaux de fruits, de la poudre d’amande…

Voici une petite liste de liens de recettes de gâteaux, vers des blogs très chouettes que j’aime d’amour :

Gâteau marbré sur le blog de Lili’s Kitchen (une référence absolue!)
No-cheesecake coco-chocolat sur le blog des Petits Plats de Rose
banana bread sur le site de Jujube
muffin banane-chocolat sur le blog de La Valkyrie Végétarienne (une autre de mes références absolues!)
gâteau praliné, toujours sur le même blog que j’adore beaucoup passionnément
tarte aux pommes, encore sur le même blog (alias la recette la plus simple au monde)
Cookies, sur le blog Dans la Cuisine de Djanisse
Bûche chocolat châtaigne pour Noël qui approche, sur le blog de Ma Cuisine Végétalienne

(bon okay, y’a beaucoup de chocolats parmi tous ces liens, vous aurez sûrement compris que le chocolat est mon péché mignon…) N’hésitez pas à vous balader sur lesdits blogs pour trouver votre bonheur !

3) Un wok tu achèteras

Si mon wok était humain, je me marierai probablement avec, et ce, même si je ne compte pas me marier. Je l’utilise pour absolument tout, même pour ce qu’il ne devrait pas, c’est devenu ma poêle-casserole-wok-fait tout. C’est juste super utile ! En l’occurrence, pour faire des légumes sautés, ou des nouilles sautées, c’est juste magnifique, surtout quand on n’a pas envie de passer trop de temps en cuisine.

Il suffit de couper les légumes de son choix en julienne ou en petits morceaux, de les faire revenir quelques minutes dans un peu d’huile avec et de la sauce et hop ! Vous avez un super plat super bon prêt en 15 minutes à tout péter. Il suffit de rajouter du riz ou des nouilles dans le wok (cuites évidemment) et faire sauter le tout deux minutes et vous avez un plat nourrissant. Rajoutez des légumineuses (haricots rouges par exemple), ou bien des dés de tofu et vous voilà avec un repas complet. Franchement, courez acheter un wok, j’ai dû payer le mien 15 ou 20€, et je peux vous garantir que c’est un achat amplement mérité…

J’ai trouvé récemment la sauce ultime pour wok, c’est un peu devenu ma drogue, alors faites attention !
Il faut mélanger dans un bol :

2 cuillers à soupe de Tamari (c’est une variété de sauce soja, trouvable en magasin bio ou en épicerie asiatique) ou bien de sauce soja
1 cuiller à soupe de sirop d’agave (c’est du sucre liquide en moins calorique, vous pouvez mettre du sucre ‘normal’ si vous n’en avez pas, ou bien du sirop d’érable)
2 cuillers à soupe de mirin (c’est du vinaigre de riz japonais, vous en trouvez encore une fois en épicerie asiatique. Du vinaigre de riz peut faire l’affaire sinon).
1 cuiller à soupe de fécule de maïs (encore elle ! )
– facultatif, mais pour une décadence totale : une cuiller à soupe de purée d’amande ou de cacahuète, (attention, cela se mélangera moins bien avec du beurre de cacahuète), ou de tahini (purée de sésame). Vous trouvez le tout en magasin bio, au rayon « monde » de votre supermarché, ou en épicerie orientale (sauf pour la purée d’amandes qui ne se trouve qu’en magasin bio)
– de l’eau (de quoi remplir le bol de moitié/aux trois quarts)

Rajoutez cette sauce miam dans le wok avec les légumes et les nouilles/riz/whatever, mélanger jusqu’à ce que ça épaississe un peu, et servir immédiatement. C’est devenu un peu ma comfort-food du moment (le terme est à la mode non?), c’est tellement simple, bon, et rapide à la fois…

4) A végétaliser des recettes tu t’amuseras

Vous pensiez que devenir végétalien, c’était dire adieu aux lasagnes, gratins, pâtes bolo et autres hachis parmentiers ? Erreur ! Tous ces plats existent en version végétale ! Il suffit juste d’avoir un peu d’imagination et d’inventivité, et le tour est joué !

Pour remplacer le hachis de viande, plusieurs solutions existent. Vous pouvez acheter du hachis végétal tout prêt (le hachis Sojasun en supermarché par exemple), mais selon moi ce n’est vraiment pas la peine de dépenser des sous là-dedans. Il suffit simplement de mixer une boîte de lentilles ou de haricots rouges pour avoir exactement la même texture que le hachis ! Il suffit ensuite de l’intégrer telle quelle dans la préparation.

Vous pouvez également acheter des protéines de soja texturées, qui se vendent en magasin bio ou sur internet. Quelles que soient leur taille, leur utilisation est toujours la même : il faut les réhydrater 3 à 10 minutes selon la taille, dans de l’eau bouillante dans laquelle vous aurez mis un cube de bouillon de légumes, ou du miso, avec de la sauce soja. Une fois réhydratées, vous pouvez les faire revenir à la poêle ou bien les incorporer dans la recette. Les PST ne sont pas faites pour être mangées telles quelles : elles doivent être associées à un goût (sauce tomate, ma sauce magique de wok…), leur but est d’apporter une texture.

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Les produits laitiers se remplacent avec une facilité déconcertante : tout existe en version végétale, en grande surface et en magasin bio : laits végétaux (soja, riz, avoine, épeautre, noisette, amande…), crème (pour remplacer la crème fraîche) (de soja, de riz, de coco… -la crème de soja Auchan a une texture intéressante de ce point de vue, mi-liquide mi-solide), yaourts, beurre (la margarine- attention, quasiment TOUTES les margarines vendues dans le commerce ne sont pas végétales. En supermarché, la seule qui le soit est la Saint-Hubert Bio). Tous ces produits peuvent, bien sûr, s’intégrer dans les recettes. Ils ont la même propriété que leur homologues non-végans.

Même la viande se remplace facilement avec les simili-carnés, que l’on peut acheter (steaks de soja, escalopes de lupin…) ou faire soi-même. Au vu de la richesse de la cuisine végétale, il n’est pas intéressant de se ruiner en simili-carnés (car ces produits coûtent cher), on peut très bien manger sans, mais c’est bien de savoir que ça existe – ça peut rassurer au début, ou dépanner les jours de flemme.
On peut aussi tout faire soi-même : pour faire des steaks de légumineuses, il suffit par exemple de mixer une légumineuse, disons haricots rouges, et de la mélanger avec des condiments (oignons, ail…), des épices (cumin, paprika…), de la chapelure, un peu de farine, et en faire des boules à la main, que l’on roule dans la farine avant de les faire cuire à la poêle, 5 minutes de chaque côté. (si la préparation est trop sèche, il suffit de la « mouiller » avec de la sauce soja, ou même du ketchup).

Voici une petite liste de recettes « traditionnelles » revues à la sauce végane :

Gratin de pâtes sur le blog Interprétations Culinaires
Hachis Parmentier sur le blog de la Valkyrie Végétarienne (puisque je vous dis que son blog est génial!)
Steaks de lentilles sur Vegan Wiz
Crêpes sur Lili’s Kitchen (mon autre blog chouchou)
Lasagnes sur le site de Pigut, autre référence incontournable de la cuisine végétalienne
Tartiflette (sans l’odeur qui pue!) sur le site Véganisation
Gratin Dauphinois sur le site de VG-Zone, autre site incontournable
Gratin Dauphinois archi-simple sur le site de la Cuisine de Djanisse
Pâtes Bolognaise sur les Petits Plats de Rose
Pâtes à la Carbonara sur Ma Cusine Végétalienne
Quiche Lorraine sur le site d’Antigone XXI (qui donne pleins de recettes mais aussi pleins d’astuces pour remplacer ses produits d’hygiène et d’entretien par des produits faits-maison et écolos)
Tofu brouillé sur Lili’s Kitchen, des œufs brouillés… sans œufs !
Omelette sur le blog de Caska Mamanonyme – qui a dit qu’on ne faisait pas d’omelettes sans casser des œufs ?

Enfin, savez-vous que vous pouvez aisément remplacer le parmesan sur vos pâtes ? Il suffit pour cela d’un mélange composé en majorité de poudre d’amandes, auquel vous rajoutez de la levure maltée (aussi appelée levure de bière) et un peu de sel. Le goût n’est pas le même,mais il rend vite accro ! Pour les inconsolables du parmesan, vous pouvez acheter ce fromage végétal rapé sur Internet, au vrai goût de parmesan (et oui, tout est possible!), ou bien cette mozarella qui fond comme celle au lait de bufflonne !

5) De nouvelles saveurs tu découvriras

Végétaliser des recettes, c’est rigolo, mais la cuisine végane ne se contente pas d’adapter des recettes, elle en crée aussi ! En voici une petite sélection que j’affectionne particulièrement et qui se prêtent bien à l’automne :

Dâal de lentilles sur le blog d’Une Jeune Idiote – Un plat originaire d’Inde, simple et savoureux !
Curry de légumes au lait de coco sur Veganwiz. Alors le curry au lait de coco, (ou curry thaï), c’est une très grande histoire d’amour. J’en fais archi-souvent ! Pour une version simplifiée, il suffit de faire mijoter des légumes dans du lait de coco, de la crème de soja, avec beaaaaaaaaucoup de cumin et du curcuma, du sel et du poivre. (quand je dis beaucoup, c’est beaucoup, il faut que ça soit bien jaune!) Vous pouvez aussi mettre à la place des épices de la pâte de curry thaï (à trouver dans les épiceries asiatiques), mais attention à la dose, ça arrache sa maman !
Seitan sur Jardin Vegan. Ce n’est pas un plat à proprement parler : le seitan est en fait du gluten de blé, qui, une fois cuisiné, à la forme et la texture de la viande. Il s’utilise beaucoup dans la cuisine chinoise (vous en trouverez du tout préparé en épicerie asiatique sous le nom « gluten frit »). Vous pouvez en faire à partir de farine de blé, mais c’est très long. Le plus simple est de le préparer à partir de farine de gluten (trouvable en magasin bio ou sur internet).

Il existe également du seitan déjà tout préparé en magasin bio.

Il existe également du seitan déjà tout préparé en magasin bio.

Velouté de champignons sur Lili’s Kitchen. Je n’avais jamais goûté de soupe aux champignons avant très récemment, et quel délice ! Foncez sur cette recette toute simple et savoureuse !
Gaufres de pommes de terre sur le blog de Vegan Valkyrie (oui vous avez bien lu : gaufres de pommes de terre. Puisque je vous dis qu’on ose tout en cuisine végane!)
Salade lentilles, quinoa, crudités, sur Lili’s Kitchen
Risotto aux courges sur Lili’s Kitchen toujours
Boulettes de lentilles sur le blog de la Valkyrie Végétarienne (avec tout ça j’espère que vous irez y faire un tour!)

Enfin, faites un tour sur http://www.cuisinepop.com et sur http://www.veganwiz.fr/ , véritables annuaires de recettes véganes (et végétariennes).

J’espère que cet article vous aura aidé à y voir un peu plus clair, et vous montrer que la cuisine végane n’est pas aussi tordue et inaccessible que ce qu’on pourrait croire. Il y a des recettes pour tous les niveaux et tous les goûts, et finalement, la seule limite est votre imagination (et votre motivation)… Avec ça, plus d’excuses du genre « j’aimerais bien être végane mais j’aime pas le tofu ! »

Avec Noël qui approche, n’oubliez pas que des alternatives au fois gras existent, notamment avec le faux-gras de Gaïa !

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Culture du viol: je refuse de me taire

 

Trigger-Warning: cet article va parler d’agression sexuelle. 

Hier soir, alors que j’étais à un concert dans un bar, une personne a profité du fait que je venais de mettre un masque sur la figure (comme plusieurs de mes amis qui étaient au concert avec moi) pour venir se poster devant moi et me toucher les seins, avant de filer avant que je n’aie eu le temps de réagir. Évidemment, personne n’a rien vu. Sauf moi, qui l’ai très bien vu à travers le masque.

Le problème, c’est qu’apparemment, mon témoignage n’était suffisant pour personne, puisque personne n’est allé voir le type en question et lui demander des comptes. Pourtant, je l’ai signalé immédiatement, à mes amis d’abord, puis au staff qui organisait le concert. Mais voilà, la seule réponse que l’on ait pu me donner, c’est « je n’ai rien vu »…

Donc, il aurait peut-être fallu que je me fasse peloter sur la scène, devant tout le monde, pour qu’enfin on se décide à faire quelque chose ? Ah mais non, j’avais oublié : se faire toucher les seins sans consentement, ce n’est pas très grave… On m’a répété à plusieurs reprises que « ce n’était pas grave », que « ça arrive pendant les concerts, les gars qui en profitent ». Ah bon. Okay, c’est pas grave. Le code pénal (français) n’est pourtant pas du même avis : « constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise », comme, par exemple, des attouchements ou des caresses de nature sexuelle. Ces actes peuvent être punis de 5 ans d’emprisonnement. Alors, considérez-vous toujours que « ce n’est pas grave » ?

Je suis en colère, terriblement en colère, que dans une situation pareille, on remette encore et encore la parole de la victime en doute, qu’on minimise ces actes et qu’on excuse l’agresseur. Culture du viol, bonjour. Je savais, bien sûr, qu’elle existait, mais se la prendre de plein fouet dans la tronche, ça fait mal. Il ne reste plus qu’à moi, la victime, de me débrouiller, et de surtout, pas trop faire chier mon monde. Hier soir, juste après cet acte, j’étais en état de choc, et me retrouver dans un premier temps aussi seule et désemparée m’a rendue dingue. J’ai commencé à avoir une crise d’angoisse, et pourtant, une fois que j’ai réalisé ce qui c’était passé, je suis allée alpaguer le type en lui saisissant le bras pour lui crier dessus. Ce qui n’a, bien sûr, servi à rien. Premièrement, car le concert battait son plein, et qu’on n’entendait rien. Deuxièmement, parce qu’il/elle a fait celui qui ne savait pas de quoi je parlais. De rage, je l’ai envoyé balader, et je me suis sentie si impuissante que cela n’a fait qu’empirer mon état de panique. J’ai commencé à hyperventiler, et finalement, une de mes amies a prévenu le staff, et c’est une femme du staff qui m’a accompagnée dehors et qui a essayé de me calmer. Mais qui n’a pas voulu comprendre que ce n’était ni la foule, ni la déshydratation qui me rendait dans un état pareil, mais un putain de connard qui a cru que porter un débardeur et danser à un concert lui donnait le droit de s’approprier mon corps.

Heureusement que ma conscience féministe m’a permis de ne pas me tromper de cible dans ma colère. Heureusement que je sais que je n’ai rien à me reprocher, que je n’exagère pas, que j’ai raison de m’indigner. Parce que, putain, cette conscience-là a eu du fil à retordre hier soir.

Au final, seule une de mes amies était prête à aller voir le type pour lui casser la figure. Je l’ai dissuadée, car lui casser la figure n’aurait servi qu’à se retourner contre elle et la faire amener au poste. Je n’en demandais pas tant, même si j’avais très envie de lui foutre mon poing dans la gueule aussi. J’aurais juste aimé qu’on m’écoute, et qu’on s’indigne avec moi, et qu’on aille foutre le type dehors. Mais non, c’est moi qui ai dû sortir, car être dans la même salle que lui était insupportable. Car être une femme, c’est non seulement être une proie, mais c’est devoir fermer sa gueule et souffrir en silence. Et être à la limite de la reconnaissance, pour avoir « juste » été pelotée. Je devrais dire merci, sale con, de ne pas m’avoir violée ? Et bah non. Je sais ce que j’ai vécu, je sais que c’est grave, je refuse de me dire « ce n’est pas grave » et refouler ça dans un coin de ma tête dans l’espoir de me dire qu’il ne s’est rien passé, ce n’est pas parce qu’il ne s’est rien passé d’autre que cela rend cet acte plus acceptable, et rien ni personne ne m’ôtera cette conscience-là.

C’est mon corps, et il n’appartient à personne. C’est mon corps, et personne n’a le droit de le toucher sans mon consentement.

J’ai écrit cet article car je refuse de me taire, je refuse de jouer le rôle de la victime silencieuse comme on attend de moi que je le fasse. Le silence doit être rompu, la honte doit changer de camp.

Renseignez-vous, écoutez les victimes, écoutez ce qu’elles ont à dire. Ne les blâmez pas. Blâmez les violeurs, les agresseurs, les harceleurs, tous ceux qui font qu’une femme, jamais, n’est en sécurité nulle part.

Lisez sur la culture du viol, voici quelques liens :

http://www.madmoizelle.com/je-veux-comprendre-culture-du-viol-123377

Les mythes sur le viol 

http://www.crepegeorgette.com/2013/03/20/comprendre-la-culture-du-viol/

Paroles de femmes victimes d’agressions sexuelles

Ne dites plus jamais que ce n’est pas grave.

 

To bi or not to bi

Me revoici pour un nouvel article après au moins 108 ans d’absence. Pas de végétarisme ou d’éthique animale cette fois-ci, mais une réflexion survenue après plusieurs lectures et certaines remarques sur la bisexualité.

En ce moment sur la Toile, (ou en tout cas sur une partie de la Toile) on parle beaucoup de bisexualité et de biphobie. Ce nouveau mot un peu étrange est calqué sur le mot homophobie, sauf que (tadam!), il désigne en particulier la bisexualité.

J’ai mis du temps à comprendre pourquoi la bisexualité pouvait être mal acceptée. Jusqu’il n’y a pas si longtemps, je me disais que les bis avaient quand même bien plus la paix que les homos, et que, quand même, ils n’avaient pas trop à se plaindre.

Alors oui, effectivement, quand un bi est dans une relation hétérosexuelle, il/elle a de quoi se sentir privilégié. Je l’ai moi-même expérimenté : on peut se promener main dans la main dans la rue, se faire des bisous, sans jamais décrocher un regard de travers. On n’a jamais cette peur de croiser la personne de trop qui ne se limitera ni aux regards désapprobateurs, ni aux insultes, mais qui passera aux mains, parce que la vue de deux personnes du même sexe ensemble lui paraît trop insoutenable. On est préservé des propositions lubriques de mecs douteux pour qui deux filles ensembles c’est le porno idéal.

Non franchement, être bi c’est quand même avoir la paix.

Encore faut-il, d’une part, avoir des relations avec des personnes d’un genre différent de vous, et d’autre part, à partir du moment où vous êtes en couple, s’attendre à ce qu’on occulte votre bisexualité.

Récemment, alors que j’étais invitée chez un couple d’amis (hétéros), la question de la bisexualité est tombée un peu comme un cheveu dans la soupe. Et là, j’ai entendu une remarque qui m’a fait dresser les cheveux sur la tête : « Mais comment tu peux dire que t’aimes encore les filles alors que tu es en couple avec un garçon ? »

J’ai tellement été stupéfiée qu’ils se posent la question aussi ingénument que sur le coup, je n’ai même pas réussi à expliquer. J’ai juste eu le sentiment que mon identité était totalement remise en question. Que quand je dis « je suis bi » (processus que j’ai d’ailleurs mis du temps à accepter, signe que la bisexualité ça ne va quand même pas de soi), je passe juste pour une menteuse aux yeux des gens, car, mon dieu ! Je suis dans une relation stable avec un mec.

Alors quoi ? Pour être bi, il faut sortir avec des garçons, et des filles, en même temps ? Etre bi c’est être incapable d’avoir une relation stable avec quelqu’un ? Ou bien tout simplement la bisexualité ça n’existe pas, parce qu’on cesse d’aimer les filles quand on sort avec un garçon, et inversement ?

Erreur, messieurs-dames, si vous pensez cela, vous vous gourez sur toute la ligne. Scoop de dernière minute : les bis ne cessent pas d’aimer les filles parce qu’ils/elles sortent avec un garçon. Mais, en même temps, cela ne veut pas dire que les bis sont incapables de se « contenter » d’un seul sexe, bref : d’avoir une relation stable (c’est-à-dire selon notre bonne société judéo-chrétienne : fondée sur la fidélité). Pour expliquer ce fait incroyable, je vais faire une métaphore, certes douteuse, mais qui, je l’espère, a le mérite d’être claire (ou alors jetez-moi des tomates dans la figure).

Disons qu’un soir, vous allez au restaurant (végane, tant qu’à faire, mais ceci est un autre débat). Au moment du dessert, vous voyez qu’il y a de la tarte au chocolat ou de la tarte au citron au menu. Vous adorez la tarte au chocolat, et vous aimez bien la tarte au citron. Mais la tarte au citron de ce restaurant a l’air tellement bonne, que vous suivez votre envie du moment et optez pour celle-ci. Vous mangez votre part de tarte au citron, et, oh bonheur ! Cette tarte est tellement bonne que vous auriez bien envie de ne manger que ça. Ca ne veut pas dire que subitement vous n’aimez plus la tarte au chocolat. Vous adorez le chocolat, et vous ne cesserez jamais d’aimer le chocolat. Mais voilà, vous êtes tombé sur la tarte au citron la plus irrésistible du monde, et vous avez beau en manger, manger, manger, vous ne vous en lassez pas. Peut-être qu’un jour, vous n’aurez plus envie de manger cette tarte au citron. C’est la vie, ça arrive, tout comme votre amie Machine qui a arrêté de manger de la tarte aux pommes alors qu’elle en mangeait depuis deux ans. Mais, en attendant, vous êtes très heureux avec cette tarte-ci et vous espérez bien en manger toute votre vie.

J’aurais bien aimé avoir eu cette répartie pour répondre à la question de mon ami, mais sur le coup, c’est mon amoureux qui a pris les devants et a expliqué dans des termes moins gastronomiques qu’on ne cesse pas d’être bi du jour au lendemain (mon amoureux c’est le plus cool des amoureux de la Terre). Explications faites, il semblerait que ce soit plus l’idée de coller une étiquette sur l’orientation sexuelle qui gênait l’ami en question. Je rejoins en partie cet avis : vouloir rentrer à tout prix dans des cases peut être un frein à son épanouissement personnel. Je rêverais d’un monde où tout le monde s’en fiche d’être gay, hétéro, bi, trans, asexuel. Mais malheureusement, ce monde parfait où chacun vit en suivant ses envies et ses désirs sans être importuné n’existe pas, ou plutôt, n’existera pas tant qu’on vivra dans une société hétéronormée. (c’est-à-dire une société où le standard, le moule conforme est d’être hétérosexuel) Une société qui invisibilise les minorités et privilégie une orientation sexuelle plutôt qu’une autre n’est pas une société où chacun peut être épanoui.

Voilà pourquoi il est utile de se définir comme bisexuel, plutôt que de ne rien dire du tout : parce qu’affirmer sa bisexualité contribue à effacer le voile qui fait croire aux gens qu’on ne peut pas aimer les filles et les garçons en même temps. Affirmer sa bisexualité, c’est se lever contre les idées préconçues qui consistent à croire qu’une personne aimant les filles et les garçons est incapable de faire un choix, ou est instable psychologiquement. (vous rigolez, mais c’est du blaba que certains psys sont capables de pondre sérieusement…)

Bref, c’est faire en sorte de vivre sa vie comme on l’entend, et non pas comme les autres voudraient qu’elle soit.

Et vous, vous êtes plutôt du genre tarte au chocolat ou au citron, les deux, ni l’un ni l’autre ?
A la revoyure, et si un jour vous rencontrez un bi, par pitié, ne lui demandez pas de choisir !

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